Une étude Deloitte Suisse publiée cette semaine vient contredire une idée reçue : l'intelligence artificielle ne va pas combler la pénurie de main-d'œuvre qui frappe la Suisse. Elle pourrait même l'aggraver dans certains secteurs.
Le constat est net. L'intelligence artificielle transforme le marché du travail suisse, mais elle ne devrait pas résoudre la pénurie de compétences causée par les tendances démographiques. Les métiers humains restent recherchés dans les soins, l'artisanat et le transport, selon l'étude de Deloitte Suisse portant sur 279 professions.
Deux marchés du travail qui divergent
L'IA peut faciliter la documentation, la planification, l'administration et la recherche d'information, avec des suppressions de postes possibles dans le logiciel ou le marketing. En revanche, elle ne peut pas, dans un avenir proche, soigner des personnes âgées ou malades, enseigner aux enfants ou effectuer un travail manuel. Résultat : de nombreux postes vacants dans les métiers où l'IA ne peut guère reprendre les tâches centrales resteront non pourvus, tandis que les rôles de bureau à forte intensité de savoir verront leurs tâches automatisées et de nouvelles exigences apparaître.
Pour les recruteurs, cela signifie revoir les priorités de formation professionnelle et les parcours de reconversion vers les soins, l'hôtellerie, la logistique ou l'artisanat. Pour les candidats en poste administratif ou de bureau, c'est un signal d'alerte : la maîtrise de l'IA devient nécessaire, mais ne suffit plus à sécuriser un poste si les tâches centrales sont automatisables.
Cette semaine : listez les tâches répétitives de votre poste (documentation, reporting, recherche d'information) et identifiez celles qu'un outil d'IA pourrait déjà exécuter. Pour chacune, notez une compétence humaine non automatisable (négociation, jugement complexe, relation client) que vous pouvez mettre en avant dans votre prochain entretien ou sur votre profil LinkedIn.
