Les salaires réels n'augmenteront pas en Suisse en 2026, et la majorité du budget d'augmentation ne sera plus distribuée de façon automatique.
L'Office fédéral de la statistique a publié lundi les résultats des négociations salariales 2026 dans le cadre des principales conventions collectives de travail (CCT) du pays. Les partenaires sociaux ont convenu d'une augmentation moyenne de 0,5% des salaires effectifs et de 0,8% des salaires minimaux, un chiffre à comparer aux 1,2% obtenus en 2025, 2,1% en 2024 et 2,5% en 2023 : le ralentissement est net et continu depuis trois ans.
Conséquence directe pour le pouvoir d'achat : avec une inflation prévue à 0,6% pour l'année, les salaires réels dans le domaine conventionnel ne progresseront pas en 2026. Pour les salariés comme pour les recruteurs, cela change la donne dans les discussions annuelles : l'augmentation collective automatique pèse de moins en moins lourd.
Le détail de la répartition est révélateur. Sur les 0,5% d'augmentation moyenne, 0,3 point a été négocié à titre individuel contre seulement 0,2 point à titre collectif. Autrement dit, 45% de la masse salariale destinée aux hausses a été attribuée uniformément, ce qui signifie que la majorité du budget d'augmentation dépend désormais de la négociation ou de l'évaluation individuelle plutôt que d'un barème uniforme.
Ce que ça change pour vous
Si vous attendez une hausse automatique liée à votre convention collective, le compte n'y sera probablement pas cette année. La part individuelle du budget devient le levier principal : il faut donc arriver à l'entretien annuel avec des arguments chiffrés sur votre contribution, pas seulement espérer un ajustement collectif.
Cette semaine : listez trois résultats concrets de votre année écoulée, chiffrés si possible, et préparez une demande d'entretien salarial avant la fin de l'année plutôt que d'attendre l'augmentation automatique de janvier.
