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Juniors recherchés, compétences à prouver : ce que change la dernière étude sur l'emploi en Suisse

· C. Azzopardi · 7 min de lecture

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Juniors recherchés, compétences à prouver : ce que change la dernière étude sur l'emploi en Suisse

La dernière enquête ManpowerGroup sur l'emploi en Suisse confirme une reprise prudente, portée notamment par les profils juniors. Voici ce que ces chiffres changent concrètement pour votre recherche, et comment ajuster votre CV pour sortir du lot.

EN BREF

  • La dernière enquête ManpowerGroup sur les intentions d'embauche en Suisse (4e trimestre 2026) confirme une reprise prudente : les prévisions nettes d'emploi remontent légèrement, mais restent proches de leur plus bas niveau depuis 2022.

  • Fait notable : l'embauche de jeunes diplômés et de profils juniors progresse nettement, +14 points en un an.

  • Les employeurs interrogés citent deux obstacles principaux au recrutement : un manque de compétences chez les candidats (43%) et des décalages d'attentes (26%). Une partie d'entre eux trouve aussi que les CV se ressemblent de plus en plus, ce qui complique le tri.

  • Ce que vous pouvez en tirer : cibler les secteurs et profils en reprise, démontrer concrètement vos compétences plutôt que les énumérer, et construire une candidature qui reflète votre parcours réel, pas un CV générique.

 

Chaque trimestre, les grandes agences de placement interrogent des centaines d'employeurs suisses sur leurs intentions d'embauche pour les mois suivants. Les résultats de la dernière enquête, publiée par ManpowerGroup, dessinent un marché de l'emploi suisse qui reste prudent, mais pas figé. Pour vous qui êtes en recherche active, ces chiffres ne sont pas qu'une statistique de plus : ils indiquent où se trouvent les opportunités réelles cet automne, et ce que les recruteurs regardent de plus près dans une candidature. Voici ce qu'il faut en retenir, et comment vous pouvez ajuster votre stratégie de recherche en conséquence.

Un marché qui se redresse doucement, mais reste sélectif

Selon l'enquête ManpowerGroup pour le quatrième trimestre 2026, menée auprès de plus de 500 employeurs suisses, les prévisions nettes d'emploi atteignent 21%, soit un point de plus que le trimestre précédent. Cette légère amélioration doit toutefois être relativisée : elle reste 4 points en dessous du niveau observé un an plus tôt, et constitue le troisième trimestre consécutif parmi les plus bas depuis 2022. Autrement dit, les entreprises suisses recommencent à embaucher, mais le font avec plus de discernement qu'auparavant, en ciblant des compétences précises plutôt qu'en multipliant les postes.

Deux secteurs continuent de chercher activement du personnel : la construction et l'industrie. À l'inverse, les postes comportant une forte proportion de tâches automatisables sont, selon l'étude, sous pression croissante. Cela ne signifie pas que ces métiers disparaissent, mais que les entreprises réévaluent le contenu réel des postes avant de recruter.

Le signal le plus encourageant concerne les jeunes diplômés et les profils juniors : leur dynamique d'embauche progresse de 14 points de pourcentage sur un an. 35% des décideurs interrogés constatent une hausse des embauches juniors dans leur entreprise, contre 21% qui observent une baisse. L'entrée sur le marché du travail reste exigeante, mais la tendance s'inverse peu à peu.

Si vous débutez ou reprenez une activité après une pause, ce point mérite d'être gardé à l'esprit : le contexte global est prudent, mais votre profil n'est pas celui qui est le plus touché par cette prudence.

Pourquoi tant de candidatures restent sans réponse : ce que disent les employeurs

L'enquête interroge aussi les employeurs sur leurs propres difficultés de recrutement. 32% d'entre eux disent mettre plus de temps qu'il y a un an à trouver les bons profils, contre 20% qui trouvent le processus plus simple aujourd'hui. Parmi les entreprises qui rencontrent des difficultés, les deux raisons les plus citées sont un manque de compétences chez les candidats, pour 43% d'entre elles, et un décalage entre les attentes des candidats et les exigences du poste, pour 26%.

Ces deux chiffres rejoignent ce que l'on observe régulièrement dans les candidatures suisses : un CV qui énumère des intitulés de poste et des outils maîtrisés, sans jamais montrer ce que vous avez concrètement produit avec ces compétences. Pour un recruteur qui doit départager plusieurs dizaines de dossiers, la différence entre « maîtrise Excel » et « automatisation d'un reporting mensuel, ramené de deux jours à deux heures » est considérable. Le premier énoncé est une compétence déclarée. Le second est une compétence démontrée.

L'étude signale aussi un troisième facteur, plus inattendu : une partie des recruteurs trouvent que les CV se ressemblent de plus en plus, ce qui rend le tri plus difficile. Ce constat n'est pas une raison d'éviter les outils qui vous aident à rédiger ou mettre en forme votre CV : bien utilisés, ils vous font gagner un temps précieux sur la structure et la clarté. Le véritable enjeu est ailleurs. Si deux candidatures reprennent les mêmes formules toutes faites, « excellent sens du relationnel », « grande capacité d'adaptation », sans jamais les rattacher à une situation précise, elles deviennent interchangeables, quel que soit l'outil utilisé pour les écrire. La solution tient dans le contenu que vous y mettez, vos résultats chiffrés, vos exemples concrets, votre parcours réel, pas dans le renoncement à un outil d'aide à la rédaction.

Exemple : comment Léa a ajusté sa candidature

Prenons un exemple concret. Léa, 27 ans, titulaire d'un bachelor en économie d'entreprise, cherche un poste de gestionnaire administrative depuis deux mois. Son CV initial listait ses précédents postes et une série de qualités, organisée, rigoureuse, bon esprit d'équipe, sans jamais les illustrer. En prenant connaissance de ces chiffres sur le marché, elle a repris chaque ligne de son CV en se demandant : qu'a-t-elle réellement fait, et avec quel résultat mesurable ?

Elle a par exemple remplacé « gestion administrative d'une équipe de 8 personnes » par « mise en place d'un nouveau suivi des absences, faisant passer les erreurs de planning d'une moyenne de 3 à 0 par mois ». Elle a aussi ciblé deux secteurs en reprise selon l'étude, l'industrie et la construction, pour une partie de ses candidatures, plutôt que de se limiter au commerce où elle cherchait jusque-là. En trois semaines, le nombre de réponses reçues a nettement augmenté : un signe que le contenu de la candidature compte autant que son ciblage.

Votre plan d'action pour les prochaines semaines

Pour transformer ces chiffres en candidatures plus efficaces, voici des pistes concrètes à mettre en œuvre dès cette semaine.

  1. Reprenez trois lignes de votre CV où vous énumérez une compétence sans l'illustrer, et remplacez-les par une réalisation chiffrée ou un exemple précis.

  2. Si votre profil est junior ou en début de parcours, ne vous laissez pas décourager par un marché présenté comme prudent : les chiffres montrent que les intentions d'embauche progressent spécifiquement pour les profils comme le vôtre.

  3. Élargissez votre recherche aux secteurs identifiés comme actifs actuellement, la construction et l'industrie, même s'ils ne correspondent pas à votre parcours d'origine : des compétences transversales comme l'organisation, la gestion de projet ou la relation client s'y appliquent souvent directement.

  4. Avant d'envoyer une candidature, relisez l'offre et vérifiez que chaque compétence clé demandée apparaît, avec une preuve concrète, dans votre dossier. Le décalage d'attente cité par 26% des employeurs se réduit souvent simplement en lisant l'offre plus attentivement.

  5. Si vous utilisez un outil pour rédiger ou structurer votre CV, prenez le temps de relire et de personnaliser chaque formulation qu'il propose, pour qu'elle corresponde à une situation vécue.

En résumé

Le marché de l'emploi suisse reste prudent, mais il ne l'est pas de la même manière pour tous les profils. Les chiffres de cette enquête donnent des indications précises sur où chercher et comment vous présenter cet automne : les profils juniors sont davantage recherchés, les secteurs de la construction et de l'industrie recrutent, et ce qui distingue une candidature retenue d'un CV ignoré tient moins à la mise en forme qu'à la capacité à montrer, preuves à l'appui, ce que vous savez vraiment faire.

Sources

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